A la lisière de la forêt de Chailluz (territoire de Besançon) Braillans est un minuscule village construit sur une ligne de crête le long de la route de Marchaux. Le territoire communal, exigu, culmine à 370 mètres. L'habitat ancien, fort dispersé, a permis que les nombreuses maisons neuves -les 2/3 de l'agglomération- s'insèrent entre les vieilles fermes : il n'y a pas de "village vieux" et de village neuf à Braillans.

Toponymie : Terra de Braillans en 1139, Grangia de Brayllant en 1178, Braillans en 1181. Braillas en 1189. Grangia Bralant en 1196. Breyllant en 1256. Braslans en 1629. Brailland en 1801. Origine du nom: de l'anthroponyme germanique Bardila et du suffixe germanique -ing.

Histoire : Braillans se développe grâce à l’abbaye cistercienne de Bellevaux qui y possède une grange. Ces granges possèdent généralement une chapelle, ce qui pourrait expliquer l’existence d'un lieu-dit « Le bois de la chapelle », sans doute en souvenir d’un lieu de culte à cet endroit. D'abord tenues par des convers, les granges sont souvent à la base de centres de peuplement. En effet, quand le recrutement des convers commence à se tarir, elles sont obligées de faire appel à des paysans pour poursuivre leur travail. La création du village de Braillans peut ainsi être datée du XIV° siècle, époque ou l'abbé de Bellevaux est oblige de demander I'aide des paysans des alentours. Au XVII° siècle, une tuilerie appartenant a l'abbaye est en activité. La population est de 34 habitants en 1688, et de 88 habitants en 1851. 
En 1751, Claude-François BEAU, un de ses habitants déclare : "une portion de tuilerie que je fais valoir et qui fait la moitié (?) pour les déclarants (Cf Beau et son frère), dont j'estime le revenu annuel à la somme de douze livres, attendu la cherté des bois et la dépense qu'il faut faire pour la cuite des fourneaux. Ce que je certifie véritable est que la dite tuilerie, ainsi que les dites terres, sont chargées de quinze mesures de froment et avoine et six livres en argent envers les seigneurs abbé et religieux de Bellevaux, dont les dits déclarants ne pourront faire la retenue, attendu que ce sont des biens d'église"

Familles exitantes au XVIII°siècle :
Bachin, Baud, Beau, Cretin, Doret, Gauthier, Gouthière, Jeanperrin, Marlet, Petitperrin, Pone, Vernerey.

Economie - Société : Les statistiques de 1688 ne prennent en compte que le cheptel : 33 bêtes à cornes et 15 moutons. Celle de 1773 sont plus complètes : 49 bovins, 10 moutons, 7 chevaux probablement appareillés aux 7 charrues que compte le village. Parmi les céréales produites, l'avoine représente la part la plus importante (660 boisseaux*), suivie par le froment (460 boisseaux), le seigle (96 boisseaux), l'orge (80 boisseaux). Onze arpents** de vigne produisent 2 muids*** de vin.

Les maigres renseignements que nous avons, laissent entrevoir un village pauvre, mal pourvu qui, par exemple, sollicite de l'Intendance l'autorisatoin de vendre le quart de ses bois de réserve pour reconstruire les fontaines.
En 1909, le terroir de Braillans représente 55 hectares de terres labourables (dont 41 hectares de céréales), 64 hectares de bois et 30 hectares de prairies. Le cheptel est de 46 bovins et 11 chevaux. En 1980, trois exploitations se repartissent les 89 hectares de la surface agricole utile. L'élevage est devenu la principale activité : le troupeau bovin est d'une centaine de bêtes ; 20 hectares sont occupés par les cultures fourragères, 15 hectares par les céréales.Braillans a vu sa population décroitre continûment depuis le début du XIXe siècle. Ce mouvement est stoppé aujourd'hui ; les nombreuses maisons récemment construites abritent la population nouvellement implantée.
Certes, le village n'a pas retrouve son école, fermée en 1965. Mais la fusion avec Marchaux, projetée au début des années 1970, n'a pas eu lieu : Braillans conserve sa personnalité.

Histoire religieuse : Braillans a toujours fait partie de la paroisse de Marchaux ; son histoire se confond avec celle de ce village. Pas d'église. Un lieu dit « Le bois de la chapelle » suggère l'existence lointaine d'un lieu de culte aujourd'hui disparu.

Equipement : Fontaine-lavoir abreuvoir en 1839; Mairie école en 1901, adduction d'eau en 1967.

* : Le boisseau est un récipient de forme cylindrique destiné à mesurer les matières sèches (grains et farines), de capacité variable suivant les lieux et les époques. Cette mesure était utilisée en France avant l'instauration du système métrique, et valait 12,67 litres (un douzième de setier). Le boisseau métrique, unité de transition instaurée en 1812, et désormais désuète, valait 12,5 litres.
** : L'arpent (carré), autrement dit l'acre, mesurait toujours 100 perches carrées, quelle que soit la longueur de la perche utilisée.
*** :  Le muid de vin était d’environ 268 litres

D'après le dictionnaire des communes du département du Doubs

Cette plaque encore présente sur la façade du restaurant du village témoigne de l'histoire de ce bâtiment relais, qui constituait une étape pour les voyageurs entre Besançon et Villersexel (Chemin de grande communication) où les chevaux et les hommes pouvaient se restaurer.